À Propos De Jazz Au Chellah

Depuis sa création en 1996, le festival de Jazz au Chellah s’impose comme un événement incontournable de la scène culturelle de la capitale marocaine. Si ce festival doit sa réussite à ce qui se passe sur la scène, il la doit aussi à ce qui se déroule en coulisses, avec l’aide précieuse et le soutien attentif et constant de tous les partenaires : le ministère de la Culture et de la Communication, la Wilaya de Rabat-Salé-Kénitra, et les Ambassades et instituts culturels des Etats membres de l’Union européenne qui accompagnent la Délégation de l'Union européenne dans la mise en place de ce festival.

Avec plus de 300 concerts programmés depuis sa création à Rabat, peu d’événements ont jeté avec une détermination aussi constante, un regard exhaustif et sans cesse réactualisé sur la vitalité du jazz des pays de l’Union européenne. Mais le principal mérite du Jazz au Chellah réside principalement dans sa volonté d’inscrire sa démarche non dans une quelconque consommation culturelle mais dans des rencontres où chaque musicien apporte sa richesse individuelle tout en étant porteur de sa propre tradition musicale.

C'est pourquoi le festival Jazz au Chellah met au cœur de sa programmation la rencontre et le partage entre musiciens de jazz européen et musiciens marocains autour du thème Jazz européen – Musiques Marocaines. Ces moments de fusion magique et ces bouquets musicaux où se mélangent les mélodies des deux rives de la méditerranée ont fait de ce festival l'une des illustrations les plus abouties du dialogue entre l’Europe et le Maroc. Né dans une salle du musée des Oudayas, puis organisé sur l’esplanade du même site avant de s'installer depuis 2005 derrière les murs de la forteresse magique dont il a pris le nom, le festival Jazz au Chellah a su démontrer que la musique n'a pas de frontières.

Le jazz en est l'image puisqu’il est synonyme de liberté. C’est cette liberté qui a accompagné le festival de jazz européen tout au long de son évolution à la rencontre des musiques du Maroc et devant un public de plus en plus nombreux et varié. De par sa particularité à associer le jazz dans sa définition la plus large et grâce aussi à la rare capacité d'ouverture des musiques marocaines, le festival a vu son public évoluer du petit groupe de quelques centaines d'aficionado de jazz à ses débuts vers un public qui a atteint aujourd'hui plus de 7000 personnes, et de plus en plus jeune.

Généreux, le festival Jazz au Chellah a pris l'habitude de partir à la rencontre d’un autre public, en invitant les musiciens à participer à des rencontres musicales improvisées et spontanées. La programmation “hors murs” du festival a également vu une évolution importante au cours des années. Des concerts sont offerts à des auditoires qui ne peuvent se déplacer, par exemple dans une école de cirque pour enfants défavorisés, dans une prison et dans un hôpital psychiatrique. D’autre part, des fanfares animent la ville, et depuis quelques années, le festival s’est élargi à d'autres styles artistiques comme le cinéma et, plus récemment, la danse. Finalement, la pérennité et la richesse de ce festival peuvent se résumer un seul mot : Fusion. Fusion des musiques, fusion des esprits et fusion des cœurs autour de mélodies savamment orchestrées par les musiciens européens et marocains. L'Union européenne, cette entité créée sur les cendres de plusieurs siècles de guerres entre peuples, a, depuis sa création, bâti sa force sur la pluralité de ces peuples, jusqu'à en faire une devise : “unie dans la diversité”. Ce rapprochement des différences en a fait une structure unique, unie et porteuse de valeurs qui se veulent universelles et que l'on souhaiterait partagées. Au Maroc, nous avons depuis 1996 souhaité porter la diversité en musique en offrant à des artistes de jazz du vieux continent et de talentueux musiciens du Maroc une tribune pour cultiver cette richesse.

Le Mot de l’Union européenne au Maroc

Ça jazz au Chellah: Du jazz et ses déclinaisons jusqu'aux musiques du monde, venez découvrir des musiciens européens, marocains et d’ailleurs dans le meilleur de leur répertoire.

Nous ouvrons cette année la 24° édition du Jazz au Chellah. Une longévité que l’on doit au travail d’une équipe acharnée, un projet artistique fort et une passion pour le jazz, musique fédératrice s’il en est, et d'un public fidèle et attachant. Une longévité que l'on doit également au partenariat durable avec le ministère de la Culture et de la Communication et la Wilaya de Rabat Salé Kénitra, et des différents partenaires qui ont accompagné le Festival depuis ses débuts.

Bien entendu, ce sont les moments de fusion entre les artistes européens et marocains, qui impriment durablement la notoriété de ce Festival. Le Festival Jazz au Chellah est certes modeste par son envergure, mais immense par les talents qui s'y produisent et les souvenirs qu'il nous laisse.

Cette année nous avons voulu ouvrir un espace d'expression à la musique sénégalaise car nous tenons aussi à célébrer l'Afrique dans ses dimensions plurielles avec le Jazz européen. La programmation laisse donc comme d'habitude une large place aux musiciens qui font l’actualité du jazz européen, mais insiste aussi sur le brassage des cultures et sur les prestations d'artistes venus d’autres esthétiques.

Le Jazz au Chellah, c'est aussi les artistes qui vont généreusement à la rencontre de différents publics lors de concerts off, en déambulation dans Rabat, ou en offrant des masters classes à des jeunes artistes marocains.

Enfin, s'il y a un message qui sous-tend cette édition, comme les précédentes, c'est que nous, l’Union européenne, tenons à construire de plus vastes ponts entre nos sociétés. Dans le monde complexe dans lequel nous vivons, il reste important de laisser la musique s'exprimer et diffuser des valeurs d'universalité.

Je vous souhaite à toutes et à tous de beaux spectacles et moments musicaux.

Claudia WIEDEY,
Ambassadrice de l’Union européenne au Maroc

Le mot de la direction artistique

Le jazz est l’invention musicale la plus originale du 20ème siècle. Si elle jette un pont entre les cultures occidentales et africaines, si elle réconcilie les musiques écrites et celles de tradition orale, si elle s’allie aux cultures du monde entier, … elle concerne aussi toutes les générations, les peuples, les pays, … Sans l’apport de l'Afrique, le jazz n’aurait pas lieu. Car par définition, il est le fruit d’un métissage entre les rythmes et gammes pentatoniques africaines, l’harmonie et les sonorités occidentales.

Depuis sa création à Rabat en 1996, le festival « Jazz au Chellah » a toujours constitué un espace dédié à l’extraordinaire richesse des jazz d’Europe et à son potentiel créatif pour rencontrer les musiciens marocains. A travers ces rencontres, « Jazz au Chellah » s’est engagé dans la construction d'une culture nouvelle, celle d'une saine coopération entre artistes solidaires autour de la liberté du jazz vers la culture des dialogues.

Jazz au Chellah 2019 s’inscrit pleinement dans cette philosophie, avec un souci constant de qualité artistique. Construit autour de formules instrumentales contrastées, il reflètera les diverses esthétiques du jazz avec une quarantaine d’artistes venant de 12 pays européens rejoints par une dizaine d'artistes marocains. Beaucoup d'entre eux sont déjà venus se produire au festival, il y a plusieurs années, mais ils reviennent avec de nouveaux projets, plus de maturité et une vision plus moderne et pointue de la musique, de leur musique.

Départ le mercredi 25 septembre sur les chapeaux de « jazz » avec Next.Ape (Hongie - Belgique), projet psychédélique mélangeant allègrement rock et trip-hop, croisant Radiohead, Damon Albarn, Portishead et Miles Davis. Pour rendre hommage à l'Afrique, suivra, l'African Jazz Roots Quartet du sénégalais Ablaye Cissoko et du français Simon Goubert, l'une des fusions les plus réussies du jazz occidental et de la musique traditionnelle sénégalaise, magnifique illustration des liens "Afrique & Jazz". Voilà aussi un projet puissant qui est non sans rappeler les liens qui unissent l'Afique et le Maroc et particulier à l'Union Européenne.

Une ouverture qui s'annonce originale et inédite.

Direction Grèce, Bulgarie et Croatie pour le jeudi 26 septembre avec des projets très contrastés : d'abord un voyage féminin avec 5 chanteuses dans les montagnes des Balkans avant le délicat trio classique jazz (piano - basse - batterie) qui sera rejoint par les pétillants gnaoua de Mehdi Nassouli. Multi-instrumentiste natif de Taroudant (sud du Maroc), Mehdi Nassouli est un musicien particulièrement talentueux influencé depuis son jeune âge autant par les rythmes de Daqqa roudania et Tagnaouite que par la culture Amazigh.

Le vendredi 27 septembre, on plongera d'abord dans des musiques totalement fusionnelles avec Sighfire (France - Danemark - Egypte) et ses influences jazz, pop, rock progressif, hip hop, chanson, world alors qu'Eva Fernandez (Espagne), nouvelle égérie du jazz vocal féminin européen déploiera une poésie raffinée avant de rencontrer le duo marocain d'Alaa ZOUITEN & Didier Del AGUILA. Né à Casablanca mais résident actuellement à Berlin, Alaa Zouiten fait partie de la nouvelle génération d'artistes qui, n'hésitant pas à mélanger les styles donne au oud de nouvelles couleurs. Avec le bassiste Didier Del Aguila, il forme un duo homogène épatant par son riche répertoire harmonique et mélodique.

Le samedi 28, le piano sera féminin avec la jeune et talentueuse polonaise Kasia Pietrzko puis Eve Beuvens et un quartet belgo-suédois. Mais ne vous y trompez pas, car les musiques seront tout en relief : sublime créativité harmonique d'un côté, espaces nordiques et lyrismes scandinaves vivifiants pour le quartet Godée-Beuvens qui sera aussi renforcé par Rhani Krija. Natif d’Essaouira et installé maintenant en Allemagne, Rhani Krija (déjà accueilli en 2007) est un percussionniste surdoué, vu aux côtés de grands noms (Sting, Aldi Méola, Herbie Hancock, Peter Gabriel, ...ea) et (re)connu pour son habilité dans les rythmes andalous, orientaux, africains ou latins.

Direction Portugal le dimanche 29 avec TGB, 3 valeurs sûres de la scène créative portugaise proposant des musiques festives profondément jouissives puis place à Naïssam Jalal, flûtiste franco-syrienne et son trio de rêve d’une cohérence redoutable, spirituel et mystique avant l'accueil de Youssef MADANI. Né à Rabat, Youssef Madani a commencé la musique dés son très jeune âge, en jouant des instruments qu’il fabriquait lui même. Actuellement, il se consacre à l’enseignement du oud, à la composition et aux tournées au Maroc autant qu'à l’étranger. C'est avec ce véritable poète du oud, son quartet et le trio de Naïssam, que se clôturera majestueusement la l'édition 2019 de Jazz au Chellah.

Mentionnant aussi que diverses initiatives complèteront ce copieux programme : masterclasses, animations hors du Chellah, ...

Mêler les genres et métisser les artistes pour mieux balayer les préjugés : c'est le mot d'ordre de ce festival : mieux vaut laisser tomber les idées reçues et profiter sans modération de “Jazz au Chellah 2019” pour plonger dans cette 24ème édition, loin des conventions et des modes et découvrir une autre façon de partager la musique.

Majid Bekkas et Jean-Pierre Bissot

Jazz au Chellah - 24ème édition - Rabat -
Du 25 au 29 septembre 2019

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